A ce projet personne ne s'opposait

Création le 29 septembre 2015 au Centre dramatique régional de Tours - Théâtre Olympia.

 

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Prométhée, dévoré, s'obstine à se rebeller contre le Pouvoir.

Pandore, navrée d'avoir sans doute commis la plus belle bourde de l'humanité, s'engage dans une association d'utilité publique.

Héphaïstos poursuit sa course technologique.

Io, condamnée à un exil permanent, parvient enfin à s'arrêter.

Nouveau départ.

Une cellule? Un groupuscule? Non.

Une association. Oui, une association de cinq personnes, qui oeuvre dans l'adversité, et réinterroge le don prométhéen : le feu.

 

"Le feu. La pensée. La connaissance. La résistance. Le feu offre le moyen chimique de souder, avec des outils. La pensée est un moyen de souder, ou de se souder, ou d'être soudé - à quoi, à qui? A soi? Aux autres?

Le feu est la pensée. Oui? Peut-être.

La pensée est du feu? Pas toujours.

La pensée est en feu? Pas toujours.

Le feu en partage.

Brûler. Brûler jusqu'au dernier souffle."

 

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NOTE D'INTENTION

 

A ce projet personne ne s'opposait s'empare du mythe de Prométhée pour aborder les questions liées au pouvoir, dans son essence comme dans ses applications contemporaines. Si celui-ci n'est plus l'affaire des dieux, qui le détient aujourd'hui? De qui les nouveaux tyrans tiennent-ils leur légitimité? Si l'autorité n'est plus uniquement basée sur l'exercice de la violence physique, selon quelles méthodes s'exerce-t-elle pour contrôler et limiter, voire même neutraliser l'action individuelle?

Pandore a libéré tous les maux de l'humanité, seule l'espérance est restée enfermée dans la boîte. Qu'en faisons-nous? Et si celle-ci devanait le moteur de lendemains meilleurs, que pourrions-nous inventer?

Nous avons trouvé des réponses à travers les mots d'Eschyle, d'Etienne de la Boétie, d'Hannah Arendt, d'Henry David Thoreau, ainsi que dans des entretiens menés autour de ces questions. Tous proposent des endroits de lutte au quotidien, tous invitent à inverser ce mouvement qui a fait glisser l'homme de la vie à la survie.

 

"Je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent.

Voir un million d'hommes ensorcelés par le seul nom d'un, qu'ils ne devraient pas redouter - puisqu'il est seul - ni aimer puisqu'il est envers eux tous inhumain et cruel.

Ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner.

Si on ne lui fournit rien,

Si on ne lui obéit pas,

Sans le combattre,

Sans le frapper,

Il reste nu et défait et n'est plus rien."

Discours de la servitude volontaire, Etienne de la Boétie.

 

 

 

ÉCRITURE

 

A ce projet personne ne s'opposait est né du désir de lier une écriture scénique incorporant un recueil de paroles (entretiens), à une écriture ouverte aux mythes. Elle témoigne aussi d'une rencontre entre deux auteurs, l'un du plateau, l'autre du livre.

Habituellement Alexis Armengol travaille mène seul ses recherches et son écriture avant de faire appel au plateau avec les interprètes, la lumière, la scénographie, la musique... Aujourd'hui il souhaite s'entourer de nouveaux collaborateurs, dont l'écrivain et poète Marc Blanchet.

Alexis Armengol est ici co-auteur et metteur en scène. Il se consacre à la fois à une libre inspiration autour du mythe de Prométhée et du Prométhée enchaîné d'Eschyle, et utilise des matériaux existants : des entretiens menés pour ce spectacle depuis novembre 2014.

Marc Blanchet est le second co-auteur. Il imagine une fable autour du mythe de Pandore et l'invention inédite d'un duo de rébellion unissant cette figure à celle de Prométhée. Ecrivain, il n'a pas des préoccupations ni de mise en scène du texte, ni de dramaturgie ; il s'abandonne à sa propre imagination littéraire.

Cette collaboration est un dialogue : elle permet à l'écrivain Marc Blanchet de modifier son écriture et de l'approfondir dans un cadre qui n'est plus celui des livres, et offre au metteur en scène Alexis Armengol la possibilité de renouveler l'approche de son propre travail scénique, notamment le croisement des intentions et du jeu.

C'est un élan commun, chacun pensant l'écriture à partir d'une expérience forcément différente, en fonction du plateau, des interprètes, de l'interprétation.

Une fois au plateau, le travail se nourrira également d'une collaboration avec le dramaturge Pierre Humbert, pour l'adaptation du texte et la construction globale du spectacle, et le musicien Christophe Rodomisto, pour la composition de musiques originales.

 


Equipe à la création : Alexis Armengol : co-écriture, réalisation des entretiens, conception et mise en scène // Marc Blanchet : co-écriture // Pierre-François Doireau, Vanille Fiaux, Céline Langlois, Victor de Oliveira et Laurent Seron-Keller : interprétation // Marguerite Bordat : scénographie // Rémi Cassabé : régie générale et régie plateau // Jean-Baptiste Dupont : montage son // Jean-Philippe Filleul : création et régie lumière // Audrey Gendre : diffusion // Pierre Humbert : dramaturgie // Marie Lucet : production // Oslo : costumes // Christophe Rodomisto : musique* // Isabelle Vignaud : administration // Matthieu Villoteau : création et régie son. Graphisme : Jeanne Roualet.

 

* Mixage : Johannes Buff // Christophe Rodomisto : guitare, basse, synthétiseurs, programmation // Anne Gouverneur : violon // Pierre Lebourgeois : violoncelle // Julien Lefèvre : violoncelle // Vincent Mougel : piano, trompette // Dominique Viger : voix.

 

Coproductions : Centre dramatique régional de Tours - Théâtre Olympia // La Colline, Théâtre national // Les Scènes du Jura, scène nationale // Ville de Tours / Label Rayons Frais.

 

Accueils en résidence : Centre dramatique régional de Tours - Théâtre Olympia // La Colline, Théâtre national // Les Scènes du Jura, scène nationale // La Chartreuse, Centre national des Ecritures du Spectacle, Villeneuve-lez-Avignon // Le Volapük, Tours.

 

Représentations : du 29 septembre au 9 octobre 2015 au Centre dramatique régional de Tours, Théâtre Olympia // Du 6 novembre au 5 décembre 2015 à La Colline, Paris // Le 15 décembre 2015 aux Scènes du Jura, scène nationale // Le 3 mars 2016 au Théâtre de la Madeleine, scène conventionnée de Troyes.