Candide Qu'allons nous devenir?

Théâtre, Musique et Dessin

A partir de 14 ans

Durée 1h15 environ

Création les 5, 7, 11 et 13 octobre 2016 à 20:00 et les 6 et 13 octobre 2016 à 14:30 au Volapük, à Tours.

Reprise le 5 janvier 2017 à 14:30, le 6 janvier 2017 à 20:00, le 9 janvier 2017 à 19:30 et les 10 et 11 janvier 2017 à 20:00 au Volapük à Tours

Reprise le 7 février 2017 à 10:00 et 14:30 au Théâtre de la Madeleine, scène conventionnée de Troyes 

Reprise les 1 et 2 mars 2017 à la salle d'air au lycée Grandmont à Tours

Reprise le 28 mars 2017 à 16h15 au Centre de Congrès les Elysées à Issoudun (36) dans le cadre de Région(s) en scène(s)

Reprise le 19 mai 2017 à 20h30 au Cinéma d'Azay-le-Rideau (37)

Reprise au Festival Off d'Avignon 2017 du 6 au 26 juillet à la Manufacture à Avignon

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Le texte de Voltaire « Candide, ou l’optimisme », fabuleux de malice et de fantaisie, regorge d’audaces scénaristiques et révèle une incroyable liberté de ton : de quoi ouvrir largement le champ des possibles théâtraux.

Comment conserver cette jubilation et le plaisir de l’aventure, tout en faisant entendre avec clarté les idées et la philosophie de ce conte ?

Notre Eldorado pour cette création était de faire comme si nous préparions une fête grandiose dans notre cuisine !

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NOTE D’INTENTION

Imaginer. Créer. Jouer. Mais surtout rencontrer. Partager. Pour ce projet autour de Voltaire je rêve de proximité, d’explorer de nouveaux les petites salles, de faire des sauts de puces. Non pas pour convoquer au théâtre de nouveaux spectateurs, mais pour essayer de contribuer à l'élaboration d'une société fraternelle et éclairée, animée par le dialogue.

Il y a des menaces contre lesquelles nous devons lutter avec ardeur : celle des intégrismes de tout poil qui mettent en danger notre liberté de pensée. Il me semble que l'humour est un très bon sésame pour ouvrir ce dialogue. Celui de Voltaire est brillant.

Il y a des œuvres qu’on a tellement l’impression de connaître par cœur qu’on ne prend pas la peine de les (re)lire. Candide ou l’optimisme est de celles-ci : un texte qu’on ne connaît en réalité bien souvent qu’à travers sa réputation, quelques clichés : le monde est cruel, l’amour trompeur sinon aveugle, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes mais nous pouvons contribuer à l’améliorer à condition de cultiver notre jardin.

En me penchant sur le contexte dans lequel Voltaire écrit Candide, une chose m’a frappé. Ce texte n’est pas né d’une pensée philosophique ex nihilo, il est le fruit de chocs émotionnels qui marquèrent de façon radicale et durable sa propre conception de la vie : le tremblement de terre de Lisbonne en 1755 (200 000 morts) et la Guerre de Sept Ans (1756-1763), terriblement sanglante, l’ont bouleversé et sont le point de départ d’un raisonnement poétique et humoristique.

« Presque toute l’Histoire est une suite d’atrocités inutiles ». Ainsi les raisons de douter de l’homme et de Dieu sont innombrables : les guerres, l’intolérance religieuse et les violences de l’Inquisition, l’esclavage et toutes les pratiques barbares… Sans compter les malheurs et souffrances dont l’homme n’est pas responsable mais qu’il subit et endure. Face à cette banqueroute de l’humanité, Voltaire se gausse de la philosophie optimiste qui affirme que Dieu est parfait, et que « le monde ne peut pas l’être mais que Dieu l’a créé le meilleur possible » : autrement dit chaque malheur qui s’abat sur le monde ferait en fait partie du grand plan de Dieu, dont le dessein est au bénéfice de l’Humanité. Il n’en critique pas moins le fatalisme qui dit : à quoi bon, on ne peut rien n’y faire. Ou le pessimisme absolu qui y conduit : il n’y a rien à faire.

Voltaire invente alors Candide, personnage naïf, imprégné des théories de son maître, pour le promener à travers un monde d’injustices et de crimes devant lesquels son optimisme crédule ne peut que flancher. Au terme d’un long voyage initiatique qui fera escale dans l’utopie de l’Eldorado, Candide va s’installer dans un petit jardin à la recherche d’une morale pratique qui l’aidera à vivre. Pour lui le monde reste un mystère, il n’est ni le meilleur ni le plus mauvais possible ; l’homme est orphelin, et l’explication du mal, personne ne la lui donnera.

En revanche, il est capable d’améliorer sa condition.

Sans céder à un optimisme béat ni à un pessimisme résigné, il peut se sauver du désespoir et doit changer ce qu’il peut, à sa mesure ; aménager, civiliser, s’attaquer à la tâche, en somme : fertiliser le monde, et en diminuer « la quantité de mal ». L’utopie n’étant pas de ce monde, ce n’est que par ses actes et par ce qu’elle porte en elle de révolutionnaire que l’humanité doit continuer à « cultiver » son jardin. Cultiver notre jardin doit s’entendre dans un sens plus largement social et humain de coopération. Nous avons entre nos mains la possibilité de mener ce combat : « écrasons l’infâme », autrement dit, luttons même modestement contre la superstition, l’intolérance, les fanatismes.

Alexis Armengol, mai 2016

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Un projet d'Alexis Armengol conçu et imaginé avec Laurent Seron-Keller et Rémi Cassabé.

Alexis Armengol : adaptation et mise en scène ; Laurent Seron-Keller : interprétation ; Rémi Cassabé : composition musicale, interprétation et régie lumière ; Shih Han Shaw : dessin ; Cindy Dalle : assistance à la mise en scène ; Matthieu Villoteau : régie son ; Pierre Humbert : collaboration artistique ; Antoine Guillaume et Jean-Baptiste Dupont : collaboration technique; Esther Armengol : voix ; Marie Lucet : production ; Morgan Ardit : administration et diffusion.

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Avec le soutien du Volapük, Tours et du Théâtre Olympia, Centre dramatique régional de Tours. Candide qu'allons nous devenir? a reçu l'aide à la diffusion du conseil départemental d'Indre-et-Loire