démarche artistique


En 1999, Théâtre à cru a été fondé autour d’un projet artistique, culturel et politique au coeur duquel se trouvent les spectateurs, les «non spectateurs» et une pratique de la scène contemporaine. L’introduction des nouvelles formes d’art scénique ne peut prendre tout son sens sans la mise en place de passerelles d’accès à celles-ci.

 

De façon très concise, nous pouvons résumer notre aventure par une recherche artistique autour d’un théâtre dont le texte ne serait plus l’élément fondateur, mais où l’usage de disciplines mixtes implique de nouvelles procédures. Nous tentons de concevoir et de tisser de nouvelles relations entre le jeu de l’acteur, le son, l’image, le corps, l’espace, le temps et le texte.

Nous souhaitons depuis plusieurs années investir un espace qui permette d’approfondir cette démarche. Sur une proposition de la Ville de Tours, nous nous sommes installés depuis le 1er janvier 2006 au Volapük, lieu dédié aux écritures contemporaines ouvert aux professionnels du théâtre, de la danse, de la performance, des arts plastiques et visuels.

 

J’ai fondé ma recherche théâtrale sur la dynamique de plateau, tenant absolument à ce que la vie y circule, réinterrogeant la fonction du personnage, l’histoire, l’écriture narrative, et laissant une place majeure à l’interprète et à sa relation aux spectateurs. J’ai cherché le plus petit dénominateur commun entre danseur, acteur, musicien pour définir un noyau essentiel au jeu et construire une relation à l’autre, au spectateur, au citoyen – à tous ceux qui participeraient au rassemblement théâtral. Avec Théâtre à cru, nous nous sommes attachés au mot comme au corps, à la musique comme à l’image. De Platonov mais… à 7 fois dans ta bouche, des Précieuses ridicules à J’avance et j’efface, c’est la teneur de la relation au public intergénérationnel, l’échange et la jubilation du jeu qui sous-tendent ce que j’entreprends : une manière d’ « engager la conversation », d’engager le sens. Nous avons, tous ensemble, comédiens, musiciens, danseurs, compositeurs, vidéastes, régisseurs et sonorisateurs, cherché notre vocabulaire, notre grammaire scénique.

Alexis Armengol

Parcours


Nous avons depuis notre création cherché à préciser et approfondir notre démarche théâtrale autour d’une écriture de plateau singulière. Nous avons fonctionné par cycles de création :

 

2016 - 2017

Une nouvelle expérience commence avec Y a pas grand chose qui me révolte pour le moment. Nous nous associons avec la Clinic Orgasm Society (BE) pour une création commune pour concevoir avec beaucoup d’application un spectacle minimaliste où le faux est plus vrai (et plus beau) que le vrai, où les règles du jeu ont changé, où le réel file à 200km/h sur une autoroute avec un mur construit en plein milieu. 

 

Dans le même temps, nous nous emparons du texte de Voltaire pour créer Candide qu’allons nous devenir ?  Revenir au minimum, avec ce que nous avons sous la main, nous recentrer et inventer à partir de nos énergies motrices, de ce que nous sommes ensemble, pour raconter et incarner cette fable philosophique.

 

Nous tirons le fil de l’Eldorado de Voltaire et inventons Tricotons nos utopies, un projet pour réfléchir et rêver aux utopies, à nos utopies. En partant de leurs réflexions, nous proposons à des lycéens de différents établissements, de créer ensemble une performance originale.

 

2013 - 2015

C'est l’occasion de réinterroger notre projet dans sa globalité. Cette volonté passe notamment par l’organisation de rencontres afin de réaliser des interviews (filmées ou sonores), en tant qu’ « archives vivantes » utilisables pour nourrir un propos et en livrer toute la complexité, et par là même, en tant que matière première participant à l’élaboration de l’écriture de plateau. Ce travail se met en place avec l’élaboration de Sic(k) et de À ce projet personne ne s’opposait.

 

Alexis Armengol est artiste associé du Théâtre Olympia - Centre dramatique régional de Tours, pour deux saisons : 2014/2015 et 2015/2016 et des Scènes du Jura - Scène nationale pour la saison 2015/2016.

 

2011 - 2012

Nous décidons de penser autrement nos temps d’écritures, de recherches et de plateau avec J’avance et j’efface, dont les thèmes principaux sont la perte de la mémoire et la transmission intergénérationnelle. Nous voulons prendre le temps de réfléchir, de rencontrer, de créer de nouvelles fidélités pour renforcer notre travail autour des différentes formes d’écriture possibles sur un plateau (dessins, mots, images, lumières, sons, etc.). 

 

D’autres projets annoncent un nouveau cycle. Ainsi, Les Portraits blésois, proposés en mai 2012 en partenariat avec la Halle aux Grains - Scène nationale de Blois, s’appuient sur des rencontres avec des habitants de la ville. Le principe a été imaginé par Georges Buisson et Alain Grasset : « écouter, capter en images et traduire en théâtre des histoires comme les autres par des gens comme tout le monde ».

 

2010 - 2011

Avec Platonov mais…, adaptation d’après Tchekhov, nous poursuivons nos interrogations sur la place du corps, de la musique, du son, des images… Le texte théâtral nous permet aussi, d’une autre manière, de trouver une liberté dans notre intention de retranscrire le réel.

Par un travail de superpositions de sons et d’images (cinématographiques, théâtrales, musicales), sept trajectoires viennent se percuter et se bouleverser faisant écho à nos réalités contemporaines.

 

2009 - 2010

Nous poussons plus loin encore la confrontation entre le théâtre et la musique. 8760 heures... fait pleinement le pari du concert, dans lequel la narration a trouvé sa place. Nous partons d’un parcours intime déroulé sur une année, nous pourrions y voir un carnet de voyage visuel et sonore, un an de vie et de souvenirs, d’effets papillon émotionnels.. 

 

2008

Nous cherchons au fil du temps notre moyen d’exprimer notre regard sur le monde et de partager nos points de vue. Quel plaisir de trouver le chemin entre mots, gestes, images, chant et son en tout genre pour s’adresser aux autres. C’est ce plaisir que nous voulons partager avec Toi, tu serais une fleur, et moi à cheval. (pièce tout public dès 7 ans). Avec Je pensais que mon père…nous nous tournons vers des procédés formels proches du cinéma pour approcher autrement l’intimité d’une relation et en percer les enjeux.

 

2006 - 2007

Créations simultanées de deux pièces Il y a quelqu’un ? et Je suis….

Deux spectacles en écho, comme une prolongation et une confirmation de nos créations précédentes. Une transition qui nous permet de nous interroger sur la capacité de notre théâtre à exprimer « l’être humain et son rapport au monde ». Je suis… insiste plus précisément sur ce qui nous apparaît comme les dérives possibles du « spectacle ». Nous désirions partager nos inquiétudes sur le ton de la provocation et de l’incitation au dialogue avant de poursuivre.

 

2002 - 2005

Création du triptyque IKU7 fois dans ta bouche et I’m sorry…

Synthèse des recherches précédentes, ces trois spectacles posaient également les bases des recherches futures. Ils se sont construits sur une forme concert de théâtre, qui travaille sur les lisières, les frontières entre personnage et interprète, jeu et non jeu, pour mettre en place une autre narration.